NOUS AVONS L’AMBITION DE PRENDRE UN RÔLE DE LEADER DANS LA TRANSFORMATION DIGITALE DE LA PODOLOGIE

Source : http://www.innovatech.be/gespodo-les-technologies-numeriques-au-service-...

GesPodo est une PME active dans la fabrication de semelles sur-mesure via un processus intégrant les avantages des technologies numériques, 3D, CFAO (CAD/CAM) pour la prise d’empreintes, le design et l’usinage d’orthèses plantaires. Plus de 20.000 patients ont déjà été traités avec ces solutions très innovantes.

Thierry Van Meerhaeghe est kinésithérapeute depuis 1996 et podologue depuis 1998. « Depuis toujours, explique-t-il, je veux comprendre les choses, pas seulement les faire ».

Il y a une douzaine d’années, il a compris – avant d’autres – que les technologies numériques allaient s’installer dans les process industriels. Et que son métier, comme d’autres, en serait bouleversé. « On nous a pris pour des fous, poursuit-il. Moi, j’y ai cru et j’ai persévéré».

Sa rencontre avec David Baudrez va lui permettre de concrétiser ses rêves, d’appréhender la valeur ajoutée de ces technologies pour le métier du podologue et de les y intégrer pour le plus grand bénéfice de ses clients.

Les deux hommes, membres d’un même club de plongée à Rixensart où Thierry est instructeur et David dive master, ont décidé de collaborer au retour d’un stage en Espagne. « On avait dix heures de voiture et on a commencé à discuter des outils numériques », expliquent les deux hommes. Thierry avait fait l’acquisition d’une fraiseuse numérique avec laquelle il fabriquait des semelles pour ses patients et quelques collègues podologues. « Le numérique dans mon métier, j’y croyais beaucoup, poursuit Thierry. Mais cela me paraissait compliqué ».

Cela tombe bien. L’intégration des technologies numériques dans les métiers, c’est la passion de David Baudrez. Et son métier. Durant 18 ans, chez Cisco, il a déployé les technologies numériques dédicacées aux métiers spécifiques de nombreuses entreprises. Et, en parallèle, pour le plaisir d’aider de futurs entrepreneurs à concrétiser leurs idées, depuis une dizaine d’années il encadre des starters. « J’ai moi-même beaucoup d’idées, explique-t-il, mais je ne parviens pas toujours à les mettre en place ».

 

Le projet GesPodo

De fil en aiguille, la conversation va se transformer en un véritable projet d’activité. « J’ai commencé à en parler aux podologues de mon réseau, explique Thierry. Il y avait beaucoup d’intérêt mais aussi beaucoup de questions : faut-il vraiment changer nos habitudes, combien cela coûte, qu’a-t-on à y gagner ? ».

En juillet 2016, avec l’arrivée d’un troisième associé – Henri Ruttiens, membre lui aussi du club de plongée – l’équipe crée la SPRL GesPodo et développe, avec un capital de 25.000 euros, une petite activité de fabrication basée sur un scanner 3D. « Après 6 mois d’activités, nous étions arrivés à positionner le service auprès d’une vingtaine de podologues (et plusieurs milliers de patients). Le business model était simple : on installait nos scanners chez les podologues, on récupérait les feuilles de prescription et on réalisait des semelles uniques dédiées aux patients qu’on envoyait ensuite aux podologues ».

Une fois ce premier test marché réussi, les trois hommes ont décidé de procéder à une nouvelle levée de fonds pour se professionnaliser un peu plus encore. Au total, en juillet 2017, c’est une somme de 164.000 € qu’ils vont récolter.

Objectif ? Accélérer le business pour atteindre une masse critique permettant notamment et déjà de verser un salaire à Thierry.

Pour y arriver, le trio s’équipe d’outils professionnels de communication (nouveau site web, mise en place d’un système d’e-commerce, brochures) et se dote de nouvelles compétences pour structurer les finances de la PME. Gespodo va également faire développer de nouvelles solutions IT destinées à lever un frein important à la croissance de l’entreprise : le coût du scanner.

GesPodo: une solution déployée sur mobile

« Et si on parvenait à déployer notre solution sur un téléphone mobile ? ». Voilà qui réduirait à néant l’une des principales barrières à l’entrée de ce service innovant. Aussitôt dit…

« On a eu le culot d’aller voir l’une des spin-off les plus prometteuses de la Polytech de Zurich, explique David. Une seule question nous taraudait : des développeurs qui travaillent déjà avec Microsoft, Apple ou encore Google trouveraient-ils de l’intérêt à réaliser un proof of concept (POC) pour une TPE wallonne ?

Finalement ils ont répondu par l’affirmative. Parce qu’on est venu avec un « user case » simple, déjà opérationnel, tout en étant une référence concrète sur un tout petit segment de marché. « Votre projet nous intéresse, nous ont-ils dit, parce qu’il est peu risqué et suffisamment simple à mettre en œuvre ». On s’est fait confiance mutuellement et on a eu raison ».

Next step : de l’intelligence artificielle au service du podologue

On a également testé le développement d’algorithmes destinés à la phase suivante : injecter de l’intelligence artificielle dans le scan afin d’obtenir de l’information décisionnelle pour l’utilisateur. Pour y arriver, l’équipe de Gespodo s’est adjoint les services de l’équipe de Vincent Boucher et Michel Herquet, B12 Consulting, à Louvain-la-Neuve. « Ce que j’aime bien chez eux, c’est leur passion pour s’attaquer, grâce aux data sciences, à des problèmes qui n’ont pas encore trouvés de solutions. De plus, et c’était crucial pour GesPodo, les développements sont réalisés sur des algorithmes open source et le code développé par B12 nous appartient. On peut le licencier ».

 

Et l’avenir ? « On va travailler en mode AGILE / DevOps, par itérations, pour améliorer le produit sur plein d’aspects. Comme il est impossible de breveter des algorithmes, on doit rester les premiers, conserver notre petite longueur d’avance, être les premiers à sortir les next step. Car dans trois ans, tous les mobiles auront des scanners 3D de base. C’est sûr ! Nous, on est déjà un pas plus loin : nous sommes spécialisés dans le scan du pied. La prochaine étape, c’est proposer l’analyse qui aidera le praticien à prendre les meilleures décisions. En récupérant des milliers de données, on va pouvoir analyser le processus métier des podologues de A à Z et, grâce à nos algorithmes, affiner les solutions proposées. »

 

GesPodo: innover dans le domaine de la prévention

Le marché, très fragmenté, est réceptif et bouge même s’il ne le fait pas aussi vite qu’espéré: « on est en croissance même si la masse critique n’est pas encore très facile à atteindre compte tenu de nos investissements R&D importants. Mais l’intérêt est là : on est contactés par des orthopédistes, des groupes pharmas, des entrepreneurs qui nous demandent de les aider à concevoir des semelles préventives, des chaussures sur mesure ou des orthèses. Pas mal de portes s’ouvrent à nous. Mais on est bien conscients qu’il faudra faire des choix : si on s’attaque à toutes en même temps, on va exploser en vol. Nous avons décidé d’étudier nos futures cibles avec soin en faisant appel au coaching d’experts des différents secteurs».

« Pour choisir nos cibles, poursuit Thierry Van Meerhaeghe, on balancera toujours entre de la technologie pure et des avancées pratico-pratiques au profit du patient. Au final, cette technologie, c’est au patient qu’elle doit servir. Sinon, cela n’apporte rien à personne ».

De manière plus générale, ajoute David Baudrez, nous sommes les acteurs de la transformation numérique d’une industrie qui, sur ce plan, est restée très longtemps à la traine. Il y va bien sûr de l’intérêt des clients et des patients. Une technologie innovante qui pourrait notamment aider l’industrie à s’intéresser au domaine de la prévention, un domaine que les podologues, faute d’outils, ou d’un cadre législatif trop restrictif n’abordent jamais ».

Comment faire pour conserver un état d’esprit innovant ?

« En restant curieux et à l’affut permanent des développements industriels dans les marchés adjacents» lance David Baudrez. « En restant au contact de nos patients, de nos clients, de notre marché, via internet, les réseaux sociaux, mais pas seulement…, ajoute Thierry Van Meerhaeghe. Dans les forums de podologues, on est sans cesse challengés. Et là, il y a des idées à retirer. En outre, au moins une fois par an depuis que je suis diplômé, je participe à un congrès international. Histoire de voir comment les choses bougent dans le monde anglo-saxon ».

Nous avons l’ambition de prendre un rôle de leader dans la transformation digitale de ce métier.Dès lors, nous investissons dans la dissémination de nos idées novatrices, en participant à des conférences en tant qu’experts dans les différents pays que nous couvrons mais aussi en collaborant avec les instituts de formation. Dernièrement, nous avons initié un Think Tank sur l’avenir de la podologie, regroupant des praticiens et des scientifiques de différents pays.

 

 

Inscrivez-vous
à notre newsletter